Devenir auxiliaire de vie sans débourser un euro tout en percevant un salaire pendant votre formation, c’est une réalité accessible à tous les profils : demandeurs d’emploi, jeunes en insertion, salariés en reconversion. Grâce aux contrats en alternance, aux financements régionaux et aux dispositifs de Pôle emploi, vous pouvez vous former gratuitement au métier d’aide à domicile tout en gagnant votre vie. Ce guide vous explique concrètement quels parcours choisir, comment éviter les pièges et quelles démarches entreprendre pour transformer cette opportunité en vrai projet professionnel.
Comprendre les options pour une formation auxiliaire de vie gratuite

Avant de vous lancer, il est essentiel de savoir distinguer les vraies formations gratuites et rémunérées des offres floues ou incomplètes. Certaines formations sont simplement « gratuites » car prises en charge financièrement, mais ne vous versent aucun revenu pendant le parcours. D’autres vous paient réellement chaque mois. Comprendre ces nuances vous permet de choisir la solution la mieux adaptée à votre situation et d’éviter les mauvaises surprises.
Comment fonctionne concrètement une formation auxiliaire de vie rémunérée ?
Une formation auxiliaire de vie rémunérée s’appuie généralement sur un contrat de travail en alternance. Vous signez avec un employeur du secteur de l’aide à domicile : association, entreprise de services à la personne, CCAS ou collectivité territoriale. Cet employeur finance votre formation via son organisme de compétences (OPCO) et vous verse un salaire mensuel calculé selon votre âge et votre niveau de qualification initial.
Concrètement, vous alternez entre des périodes en centre de formation (cours théoriques, ateliers pratiques) et des périodes chez l’employeur où vous accompagnez des personnes âgées ou en situation de handicap. Vous êtes ainsi formé au métier tout en étant payé, ce qui vous permet de valider vos compétences directement sur le terrain.
Les différences entre formation gratuite, financée et réellement payée
Une formation dite gratuite signifie que vous n’avez pas à avancer les frais pédagogiques. Elle peut être financée par la Région, Pôle emploi ou un OPCO, mais cela ne garantit pas que vous percevrez un revenu pendant la durée du parcours.
Une formation financée et rémunérée combine la prise en charge totale des frais de formation et le versement d’un salaire, d’une allocation ou d’une indemnité mensuelle. C’est cette dernière option qui vous intéresse si vous avez besoin de revenus stables pendant votre apprentissage. Bien poser la question « qui me paie et combien ? » dès le premier contact avec l’organisme de formation est indispensable.
Quels dispositifs publics permettent une formation financée et rémunérée ?
Plusieurs dispositifs publics peuvent prendre en charge votre formation d’auxiliaire de vie tout en vous assurant une rémunération :
- Programmes régionaux : certaines Régions financent des formations qualifiantes dans le secteur sanitaire et social, avec une rémunération de stagiaire de la formation professionnelle (RFPE) pour les demandeurs d’emploi.
- Contrat de professionnalisation : vous êtes embauché par un employeur qui paie votre formation et votre salaire (55 à 100 % du SMIC selon votre âge et votre niveau).
- Contrat d’apprentissage : accessible jusqu’à 29 ans révolus pour certains titres professionnels, avec une rémunération progressive.
- Pôle emploi : financement possible de la formation avec maintien de vos allocations (ARE) ou versement d’une rémunération de formation (RFPE, Rémunération de fin de formation).
Pour chaque dispositif, vérifiez qui prend en charge quoi : frais pédagogiques, rémunération, mais aussi transport, hébergement et matériel professionnel si nécessaire.
Les principaux parcours pour devenir auxiliaire de vie payé en formation

Le secteur de l’aide à domicile propose plusieurs titres et diplômes reconnus pour exercer comme auxiliaire de vie. Certains parcours permettent d’être rémunéré pendant toute la durée de la formation, d’autres offrent des modalités de financement variées selon votre profil. Voici les principales voies d’accès pour vous former tout en étant payé.
Contrat de professionnalisation : une voie privilégiée pour être formé et salarié
Le contrat de professionnalisation est l’un des dispositifs les plus utilisés pour une formation auxiliaire de vie gratuite et rémunérée. Il s’adresse aux jeunes de 16 à 25 ans, aux demandeurs d’emploi de 26 ans et plus, et aux bénéficiaires de certains minima sociaux (RSA, ASS, AAH).
Vous êtes embauché en CDD de 6 à 12 mois (parfois jusqu’à 24 mois) ou en CDI, avec une période de professionnalisation. L’employeur finance votre formation via son OPCO (OPCO Santé pour le secteur médico-social) et vous verse un salaire mensuel. La rémunération varie entre 55 % et 100 % du SMIC selon votre âge et votre niveau de diplôme initial.
Par exemple, si vous avez 22 ans et un niveau inférieur au bac, vous percevrez 55 % du SMIC. Si vous avez plus de 26 ans, vous toucherez au minimum 85 % du SMIC, voire 100 % selon la convention collective de votre employeur.
Formation auxiliaire de vie via le DEAES : conditions, rythme et rémunération
Le Diplôme d’État d’accompagnant éducatif et social (DEAES), spécialité « accompagnement de la vie à domicile », est le diplôme de référence pour devenir auxiliaire de vie. Il se prépare en 9 à 24 mois selon le parcours et la structure, et se compose de 525 heures de formation théorique et 840 heures de stage pratique.
Vous pouvez préparer le DEAES en alternance via un contrat de professionnalisation ou d’apprentissage, ce qui vous permet d’être rémunéré tout au long du parcours. Dans ce cas, les périodes de stage sont remplacées par du temps de travail chez votre employeur.
Si vous ne trouvez pas d’employeur, certaines Régions financent des formations DEAES avec une rémunération de stagiaire de la formation professionnelle pour les demandeurs d’emploi. Pôle emploi peut également prendre en charge votre formation tout en maintenant vos allocations chômage pendant la durée du parcours.
Peut-on se former comme auxiliaire de vie uniquement avec des titres professionnels ?
Oui, il existe des titres professionnels qui permettent d’exercer comme auxiliaire de vie sans passer par le DEAES. Le plus connu est le titre professionnel « Assistant de vie aux familles » (ADVF), délivré par le ministère du Travail. Il se prépare en 6 à 9 mois et comprend environ 560 heures de formation en centre et 175 heures de stage en entreprise.
Ce titre peut être suivi en alternance via un contrat de professionnalisation, avec une rémunération mensuelle. Il est aussi accessible via des parcours financés par Pôle emploi ou les Régions, avec maintien des allocations ou rémunération de formation.
Avant de vous engager, vérifiez que le titre professionnel visé est bien reconnu par les employeurs locaux et qu’il vous ouvre les mêmes perspectives d’évolution qu’un DEAES. Certains recruteurs privilégient le diplôme d’État, notamment dans le secteur public et associatif.
Financements, aides et rémunérations selon votre profil candidat
Votre situation personnelle détermine en grande partie les aides et rémunérations auxquelles vous pouvez prétendre. Que vous soyez demandeur d’emploi, salarié en reconversion ou jeune sans qualification, les dispositifs de financement et de rémunération ne seront pas identiques. Voici comment construire un plan de financement réaliste selon votre profil.
Comment un demandeur d’emploi peut-il accéder à une formation rémunérée ?
Si vous êtes inscrit à Pôle emploi, plusieurs options s’offrent à vous pour suivre une formation auxiliaire de vie gratuite et rémunérée :
- Maintien de l’ARE : si vous percevez l’allocation de retour à l’emploi, elle peut être maintenue pendant toute la durée de votre formation, à condition que celle-ci soit validée par votre conseiller Pôle emploi.
- Rémunération de formation Pôle emploi (RFPE) : si vous ne percevez pas ou plus d’ARE, vous pouvez bénéficier d’une rémunération mensuelle allant de 652 € à 1 932 € selon votre situation familiale et votre parcours antérieur.
- Rémunération de fin de formation (RFF) : si vos droits ARE s’arrêtent en cours de formation, Pôle emploi peut prendre le relais jusqu’à la fin de votre parcours.
Pour maximiser vos chances, présentez un projet professionnel cohérent à votre conseiller, en montrant que le métier d’auxiliaire de vie correspond aux besoins du marché local et à vos compétences personnelles.
Utiliser le CPF, la PRO-A ou la reconversion pour financer son projet
Si vous êtes déjà en emploi, plusieurs dispositifs vous permettent de vous former sans perte de salaire :
- Compte personnel de formation (CPF) : vous pouvez mobiliser vos droits CPF pour financer tout ou partie de votre formation. Si le montant est insuffisant, des abondements peuvent être demandés auprès de votre employeur, de Pôle emploi ou de votre OPCO.
- Projet de transition professionnelle (PTP) : anciennement « CIF », il permet aux salariés de suivre une formation certifiante en dehors de leur entreprise, tout en conservant leur rémunération pendant 12 mois maximum.
- PRO-A : si vous êtes en CDI avec un niveau de qualification inférieur à bac+3, vous pouvez bénéficier d’une reconversion interne en alternance, financée par votre employeur et son OPCO.
Dialoguez tôt avec votre service RH ou votre manager pour construire un parcours compatible avec votre activité professionnelle actuelle et sécuriser votre rémunération pendant la formation.
Existe-t-il des formations auxiliaire de vie vraiment sans aucun reste à charge ?
Dans certains cas, la combinaison des financements publics (Région, OPCO, Pôle emploi, employeur) permet une prise en charge totale de la formation et une rémunération suffisante pour vivre. Cependant, certains frais peuvent rester à votre charge :
| Type de frais | Prise en charge possible | Points de vigilance |
|---|---|---|
| Frais pédagogiques | Oui (Région, OPCO, Pôle emploi) | Vérifier le montant total couvert |
| Transport | Partielle (aide Région, Pôle emploi) | Anticiper les coûts si formation éloignée |
| Restauration | Parfois (tickets restaurant en alternance) | Prévoir un budget personnel |
| Équipement professionnel | Variable selon l’employeur | Demander la liste des fournitures |
Avant de vous engager, demandez un plan de financement détaillé à l’organisme de formation et au financeur. Cela vous évitera de mauvaises surprises et vous permettra de budgétiser les éventuels frais annexes.
Choisir son organisme et réussir sa formation d’auxiliaire de vie
Une fois le financement sécurisé, le choix de votre organisme de formation et votre implication personnelle feront toute la différence. Un bon organisme vous prépare efficacement au métier, vous accompagne dans la recherche d’un employeur et vous aide à construire un projet professionnel durable. Voici comment sélectionner une structure sérieuse et mettre toutes les chances de votre côté.
Comment repérer un organisme sérieux qui propose une vraie rémunération ?
Un organisme de formation fiable se reconnaît à plusieurs critères :
- Transparence sur la rémunération : il détaille clairement le type de contrat (professionnalisation, apprentissage, stagiaire de la formation professionnelle), le montant du salaire ou de l’allocation, et les modalités de versement.
- Partenariats employeurs : il dispose d’un réseau d’entreprises partenaires prêtes à embaucher en alternance et présente des offres concrètes dès le début du parcours.
- Taux de réussite et d’insertion : il communique ses résultats aux examens et le taux d’emploi de ses anciens stagiaires à 6 mois.
- Certification Qualiopi : gage de qualité, cette certification est obligatoire pour bénéficier de financements publics.
N’hésitez pas à consulter les avis en ligne, à demander des témoignages d’anciens stagiaires et à visiter les locaux avant de vous engager. Un bon organisme prendra le temps de répondre à toutes vos questions et de vous orienter vers le parcours le plus adapté à votre profil.
Anticiper les exigences du métier d’auxiliaire de vie dès la formation
Le métier d’auxiliaire de vie est gratifiant mais exigeant. Vous serez amené à intervenir au domicile de personnes âgées, en situation de handicap ou en perte d’autonomie, parfois dans des contextes familiaux complexes. Il est important de vous poser les bonnes questions dès le début de votre formation :
- Êtes-vous à l’aise avec le contact physique et l’aide aux gestes de la vie quotidienne (toilette, habillage, repas) ?
- Pouvez-vous gérer des horaires fractionnés, le travail le week-end ou les jours fériés ?
- Êtes-vous capable de travailler en autonomie tout en sachant alerter en cas de difficulté ?
- Avez-vous la capacité émotionnelle de gérer la maladie, le vieillissement ou le handicap au quotidien ?
Parlez-en avec vos formateurs, vos tuteurs et les professionnels déjà en poste pendant vos stages. Cette confrontation au réel vous aidera à valider votre projet en toute lucidité et à développer les bonnes postures professionnelles dès le départ.
Se projeter après la formation : évolutions possibles et sécurisation de l’emploi
Une fois votre formation terminée, les opportunités d’emploi sont nombreuses. Le secteur de l’aide à domicile recrute massivement en raison du vieillissement de la population et de la volonté des personnes dépendantes de rester chez elles le plus longtemps possible.
Avec de l’expérience, vous pourrez évoluer vers des postes à responsabilités :
- Auxiliaire de vie spécialisé : accompagnement de publics spécifiques (maladie d’Alzheimer, polyhandicap).
- Coordinateur de secteur : encadrement d’une équipe d’auxiliaires de vie et gestion des plannings.
- Responsable d’agence : pilotage d’une structure d’aide à domicile.
- Aide-soignant ou aide médico-psychologique : avec une formation complémentaire, notamment en mobilisant la Validation des Acquis de l’Expérience (VAE).
Dès maintenant, choisissez une formation reconnue (DEAES ou titre professionnel agréé) et négociez vos premières conditions d’emploi en vous appuyant sur votre parcours en alternance. Un bon départ sécurise votre carrière et vous ouvre des perspectives d’évolution rapides dans un secteur en forte tension.
Se former au métier d’auxiliaire de vie sans avancer de frais tout en percevant un revenu est une opportunité concrète et accessible en 2025. En comprenant les dispositifs disponibles, en choisissant le bon parcours selon votre profil et en sélectionnant un organisme sérieux, vous pouvez transformer cette formation en véritable tremplin professionnel. Le secteur de l’aide à domicile vous attend avec des besoins croissants et des possibilités d’évolution réelles pour celles et ceux qui s’investissent durablement dans ce métier humain et essentiel.




